C'est la fin de l'été, les vacances sont terminées :( Mais pour se remonter le moral, sur Bev, nous avons décidé de placer cette rentrée sous le signe de Jane Austen ! Alors bonne rentrée à vous avec Jane :-)
Bric-à-Brac
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Sons & Lumières
Roman américain
LA NOSTALGIE DE L'ANGE - ALICE SEBOLD
L’histoire
Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie. Assassinée à l’âge de quatorze ans le 6 décembre 1973.
Susie n’a que 14 ans lorsqu’elle est sauvagement violée et assassinée par un de ses voisins, George Harvey. Elle laisse derrière elle ses parents, Jack et Abigail ; sa sœur Lindsay d’un an sa cadette ; et son petit frère Buckley, âgée seulement de quatre ans. Ces derniers sont anéantis par le chagrin, d’autant plus que le corps de Susie n’a pas été retrouvé et que l’enquête sur sa disparition n’avance pas.
Mais Susie n’est pas partie bien loin : du haut de son paradis, elle se met à observer sa famille, ses amis…et son meurtrier.
L’avis de la lectrice !
Si je ne devais choisir qu’un seul roman paru au cours de la décennie qui vient de s’écouler, ce serait sans hésitation celui-là. La nostalgie de l’ange est non seulement l’un des livres qui m’ont le plus bouleversée au cours de ma vie de lectrice mais c’est pour moi un véritable chef-d’œuvre. Pour avoir lu de nombreuses critiques négatives sur ce roman, je sais que beaucoup d’entre vous risquent de ne pas partager mon point de vue. Peu importe, je persiste et signe : ce roman est une merveille absolue.
La première fois que j’ai lu ce roman, c’était en anglais. A l’époque, j’étais en Irlande et je suis tombée en panne de lecture : bien que ce soit déjà un phénomène, je n’avais jamais entendu parler d’Alice Sebold et j’ai donc choisi son livre un peu par hasard. Je ne me suis jamais remise de cette découverte : une fois ouvert, je n’ai pas pu le lâcher jusqu’à la fin et l’ai lu en une après-midi et une soirée. J’ai commencé à pleurer à la page 247 – lorsque Susie retrouve son chien au paradis –, ne me suis plus arrêtée jusqu’à la fin et ai pleuré encore longtemps après avoir refermé le livre. Et il en est de même à chaque relecture.
Je viens de le lire pour la cinquième fois et l’émotion et la magie sont toujours aussi présentes. Car oui, ce livre est magique et la magicienne se nomme Alice Sebold. Partant d’un évènement atroce, le meurtre brutal d’une adolescente, elle arrive à en faire une histoire magnifique et pleine de légèreté. En effet, La nostalgie de l’ange a beau être parsemé de moments empreints d’une émotion difficilement soutenable, il ne verse cependant jamais dans le pathos et c’est là tout le talent de l’auteur.
Le choix du point de vue, celui d’une adolescente assassinée qui observe ceux qu’elle a laissés derrière elle depuis son paradis (car le paradis est un endroit propre à chacun), constitue la grande force de ce roman. L’histoire aurait eu moins d’impact, aurait été moins touchante, si elle avait été racontée à la troisième personne, ou par un personnage vivant. Toujours juste, l’écriture de Sebold est lumineuse, subtile, comme si elle posait les mots sur la page sans y penser ; et pourtant, toute la tristesse et la douleur ressenties par Susie du haut de son paradis ainsi que par ses proches restés sur Terre sont bel et bien présentes, presque palpables.
Elle regarde son père se mettre à soupçonner George Harvey et ce soupçon se transformer peu à peu en certitude, sans qu’il ne puisse jamais rien prouver. Elle regarde sa mère se détacher peu à peu de sa famille et le couple de ses parents se déliter. Elle regarde son petit frère de quatre ans grandir et réaliser pleinement ce que signifie la disparition de sa grande sœur. Mais surtout, elle regarde sa sœur Lindsay faire ce qu’elle ne pourra jamais faire : grandir, avoir un petit copain, faire des études…bref, devenir une femme.
Et puis il y a Ruth, une fille de sa classe, à laquelle Susie n’a pas beaucoup parlé de son vivant mais qui, après sa mort, deviendra en quelque sorte sa meilleure amie. Ruth est en effet la personne que l’âme de Susie a effleurée au moment de monter au ciel : évènement qui créé un lien entre elles. D’autant plus que Ruth a un don : elle est sensible à la présence des morts. Et c’est finalement elle qui fera à Susie le plus beau cadeau de son après-vie.
Mais La nostalgie de l’ange est surtout, est avant tout, un extraordinaire roman sur l’amour. L’amour qui lie un enfant à ses parents, une sœur à sa sœur et à son frère ; l’amour familial, inconditionnel, que même la mort ne peut briser. L’amour absolu.
Clarabel (posté le 11/02/2010 à 11:45:56) De cette lecture, j'en garde un profond malaise.
A l'époque où j'ai lu ce roman, j'étais tout juste jeune maman, donc très à fleur de peau, et vraiment cette lecture a été difficile, je pleurais, je souffrais, mais j'ai tenu à lire le roman jusqu'au bout, connaître l'issue et me sentir rassurée pour la narratrice, j'avais tellement de peine pour elle, pour sa famille.
J'ai lu Lucky aussi, de la même Alice Sebold, où elle raconte son viol et le trauma. Expérience violente, qui fiche mal à l'aise encore une fois.
Pfiou.
Caro (Bev-en-chef) (posté le 11/02/2010 à 13:48:02) Je sais qu'il y a pas mal de gens qui ont ressenti la même impression de malaise que toi pendant cette lecture ! C'est étrange parce que cela n'a jamais été mon cas...La scène du viol et du meurtre de Susie est difficile à lire (dieu merci, Jackson l'a occultée dans le film) et le chagrin de ses proches est insoutenable, mais chaque fois que je lis ce roman, tout ce que je vois c'est le sublime de cette magnifique et bouleversante histoire. C'est le triomphe de l'amour au-delà de la mort et ça donne aussi de l'espoir pour l'après ! D'autant plus que moi je crois à cette vision de l'au-delà :)