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HANTEE – LES OMBRES DE LA VILLE (T1) – MAUREEN JOHNSON
L’histoire
Plus d’un siècle après le règne de terreur de Jack l’Eventreur, voilà qu’un tueur – qui présente l’étrange particularité de ne pas apparaître sur les caméras de surveillance ayant pourtant filmé les meutres – s’amuse à reproduire les crimes de ce dernier dans le quartier de Whitechapel.
C’est justement dans ce quartier qu’est situé le lycée de Wexford où Aurora (Rory) Deveaux, fraîchement débarquée de sa Louisiane natale, vient effectuer son année de terminale. Et elle ne tarde pas à se rendre compte qu’elle est la seule à voir l’image du tueur sur les caméras…
L’avis de la lectrice !
Vous avez bien choisi votre jour pour arriver, ça oui ! Gros scoop ce matin : un cinglé nous a refait le coup de l’Eventreur !
Ce sont les premiers mots que Rory entend à peine arrivée sur le sol britannique : pas franchement l’accueil rêvé, surtout lorsque le pensionnat dans lequel on s’apprête à séjourner se situe pile dans le rayon d’action dudit imitateur cinglé. N’importe qui en aurait des frissons – de peur ou d’excitation, c’est selon. N’importe qui sauf Rory : non seulement, elle ignore qui est l’Eventreur (on se demande d’ailleurs comment c’est possible) mais de plus, pas grand-chose ne l’intéresse hormis son petit nombril. Vivant tout près de Whitechapel, le quartier où l’Eventreur a commis ses meurtres et où un imitateur de ce dernier est en train de sévir, il serait logique qu’elle éprouve de l’angoisse ou de l’intérêt…Eh bien non, Miss Deveaux est indifférente à toute cette histoire. Ainsi, la veille du 30 septembre, date à laquelle le Nouvel Eventreur – ainsi qu’on l’a surnommé – est censé faire deux nouvelles victimes (suivant ainsi le schéma de son prédécesseur), les deux seules choses qui intéressent Rory sont l’épuisement de sa réserve de Cheese Wiz (fromage fondu à tartiner très populaire aux USA) et l’annulation du cours de hockey. Alors je veux bien admettre qu’on ne peut pas tous êtres passionnés par l’énigme de l’Eventreur, mais dans ce contexte j’ai trouvé ça un peu gros et pas vraiment crédible, à moins que Maureen Johnson n’ait voulu rendre Rory exaspérante au possible, ce qui est réussi !
Vous l’aurez compris, je n’ai que moyennement apprécié cette héroïne assez fade, au point que j’ai déploré qu’elle soit aussi la narratrice alors que j’ai pourtant une préférence pour les récits à la première personne : c’est vous dire à quel point elle m’a ennuyée ! Rory se fait complètement éclipser par les autres personnages, de Jazza et Boo – ses deux camarades de chambre – à Stephen, un jeune policier enquêtant sur l’affaire, en passant par Jerome (le petit ami de Rory, qui en connaît un rayon sur L’Eventreur), Alistair, un élève de Wexford un peu particulier, et Jo, le fantôme d’une femme tuée pendant la Seconde Guerre Mondiale. Même Charlotte, la pimbêche de service du pensionnat, m’a plus amusée que Rory. Au final, la seule chose qui réussit à ne pas rendre celle-ci totalement insipide est sa capacité à voir les revenants.
Cela n’empêche cependant pas la première partie du roman d’être captivante, surtout si comme moi vous êtes fascinée depuis longtemps par l’énigme manifestement insoluble que constitue Jack the Ripper. L’auteur prend le temps de poser le décor et d’installer une atmosphère angoissante : on a vraiment l’impression de se retrouver à l’époque ou l’Eventreur terrorisait Londres, surtout que le tueur reproduit presque dans le moindre détail les meurtres de 1888. Naturellement, au vu du titre du roman, on comprend dès le départ de quoi il retourne et on s’interroge alors, à la fois avec délices et épouvante, sur les raisons du retour de Jack.
Du moins, on croit comprendre de quoi il retourne…jusqu’à ce que le pot aux roses soit dévoilé et là, patatras ! L’intrigue n’évolue pas du tout comme on l’imaginait et comme le postulat le laissait présager : au final, le thème de Jack the Ripper, que l’on pensait central, n’est qu’un prétexte à un dénouement que j’ai trouvé bâclé, improbable et presque hors-sujet. Et là franchement, j’ai du mal à comprendre Maureen Johnson. Pourquoi, alors qu’elle avait un sujet qui passionne les foules depuis plus d’un siècle, auquel l’aspect paranormal ajoute de l’intérêt, a-t-elle ainsi gâché un tel potentiel et une très bonne première partie de roman ?!
Une déception donc pour ce roman qui ne tient pas les promesses faites par son début alléchant !
Par Caro
Juillet 2012. |
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